Plantes et insectes :

un équilibre fondamental

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Mélitée du mélampyre (Malitaea athalia) sur une fleur de centaurée (Centaurea jacea)

L'histoire commence au Crétacé, il y a environ 130 millions d’années. Cette époque correspond à l’apparition présumée des premiers angiospermes (plantes à fleurs), dont la diversification semble concomitante à celle des insectes. La relation qui unit les plantes et les insectes « modernes » est donc un phénomène très ancien, résultant d'une longue série d'adaptation les uns envers les autres.

 

Cela explique l’invariable complexité de leur collaboration. Qu’il s’agisse de se nourrir, ou de se reproduire. Dans un délire d’expressions chimiques, olfactives, visuelles, etc. Chacun rivalise de surprenants stratagèmes pour obtenir satisfaction !

Les plantes n’hésitent pas à produire des fleurs riches en nectar et des substances odorantes, coûteuses en énergies mais appétentes  pour leur pollinisateur. Cela est d’ailleurs essentiel pour les espèces à floraison nocturne comme le jasmin, la belle de nuit. Aussi, les pétales portent souvent des taches ultraviolettes formant un dessin spiralé que seuls les insecte perçoivent. Ce sont les « guides à nectar » qui leur indiquent généreusement la présence de nourriture pour les inciter à butiner.

 

Cela va encore plus loin avec certaines de nos orchidées sauvages, en particulier les Ophrys (Ophrys apifera, O. Scolopax, O. fuciflora, etc.), dont les fleurs miment la forme des femelles d’abeilles sauvages pour attirer les pauvres mâles qui, au cours de la pseudocopulation, se collent sur la tête les grains de pollens (assemblés au-dessus du labelle en une masse nommée "pollinies") et les transportent ainsi de fleurs en fleurs. D’autres plantes utilisent des phéromones, pièges redoutables pour retenir les insectes dans leurs fleurs, tels les Arums, etc. 

Ces quelques exemples parmi des milliers, qui illustrent bien la relation de dépendance existante entre les plantes et les insectes. Les uns pour se nourrir et les autres pour se reproduire. Mais encore, outre la pollinisation, il faut noter que les insectes interviennent dans tout le cycle de développement des végétaux. Les précieux décomposeurs (larves de mouches, de nombreux coléoptères, etc.), entretiennent la fertilité du sol en rendant la matière organique bio-disponible pour les plantes sous forme de minéraux. Les insectes phytophages (mangeurs de plantes), contribuent, entre autre, à la régulation des écosystèmes en équilibrant les populations végétales, mais ils renforcent également les plantes, grâce à la pression de sélection qu'ils imposent. Y compris les insupportables chenilles dévoreuses de salades !

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Ophrys abeille (Ophrys apifera), observez sur la première fleur les pollinies, judicieusement disposés au-dessus du labelle !

C'est pourquoi aujourd'hui, en ces temps de menace qui pèsent sur nos amis à 6 pattes, il importe d'apprendre à mieux les connaître et à vivre avec eux, notamment en leur réservant la place qu'ils méritent dans votre environnement proche, à commencer par le jardin ! Celui-ci ne s'en trouvera que plus productif et mieux protégé. Durant les formations spécifiques, vous apprendrez à lire votre jardin à travers sa biodiversité, floristique et entomologique, afin de trouver les solutions adéquates pour rétablir son équilibre et accueillir avec sérénité cette faune indispensable.