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La carotte sauvage (part.2) : cueillette et usages

Le mois dernier, nous avons appris à connaître les critères indispensables pour reconnaître la carotte sauvage dans la nature. Comme promis au cours du précédent article, nous allons nous intéresser aujourd'hui aux usages, en particulier alimentaires de la plante, pour clore ce petit chapitre sur la carotte :)


Fleurs de carotte sauvage_©pixabay license

Première étape


Tout commence par la cueillette (maintenant que l'on a plus peur de confondre avec la ciguë !), et on en profite pour se remémorer les principales règles d'hygiène et de respect, indispensables à une pratique saine et sans danger, à savoir :


- Ne pas cueillir dans les lieux potentiellement pollués (bords de route, ville intramuros, anciennes voix ferrées, etc.), ni là où vous n'y êtes pas autorisé (réserves naturelles ou autres espaces protégés, terrain particulier, etc.).


- Ne pas "piller" l'environnement, prélevez uniquement les quantités nécessaires à la réalisation de vos recettes, en prenant soin d'étaler votre cueillette (ne pas rester toujours sur le même bosquet) et en ne prélevant jamais plus d'1/3 d'une même plante.


- Laver les plantes avant d'en faire usage, les cuire s'il existe un risque de contamination (bétail en montagne, végétation aquatique, etc.).


- Et bien évidemment, ne jamais cueillir si vous avez un le moindre doute quand à l'identification !


Cela ne fait jamais de mal de rappeler les "bonnes manières", mais comme j'ai déjà un article bien détaillé sur le sujet, je vous invite à aller consulter ce dernier pour plus de précisions, histoire de revenir à nos moutons, ou plutôt, à notre carotte ! Car nous allons apprendre à connaître les parties utilisables, ainsi que les bonnes périodes de récolte.


Quand l'expression "se faire carotter" prend tout son sens...


Parlons tout d'abord de la racine, puisque c'est cette dernière qui a tendance à faire fantasmer les amateurs de cueillette : la mythique racine de carotte sauvage (on aurait presque envie de partir à sa recherche comme à la chasse au Dahu !). Blague mise à part, je peux vous assurer que ce n'est vraiment pas la meilleure ressource à tirer de la carotte, et je vous laisse constater par vous même en image :


Daucus carota_root_©creative commons

voilà qui ressemble plutôt à une arnaque, non ? Bon, même si l'on caricature un peu, (puisqu'il n'est pas impossible de tomber sur un spécimen de taille respectable), cela représente bien ce que vous allez trouver la plupart du temps : une frêle racine blanchâtre, pas plus épaisse qu'un doigt. Tout à coup, voilà qui fait un peu moins rêver...


Car même si votre palais sera sûrement comblé par une saveur incomparable, il va falloir en ramasser quelques pieds avant de pouvoir en faire profiter votre entourage. Par ailleurs, la récolte n'est pas facile et doit avoir lieu en automne ou hiver, lors de la première année de vie de la plante, entre octobre et mars. Vous vous souvenez, la carotte a un cycle bisannuel, cela signifie qu'il faut laisser le temps à la racine de se développer durant quelques mois, sans attendre que la tige florale ne pointe le bout de son nez au printemps suivant. Car auquel cas, la racine rabougrie, sera devenue toute fibreuse et inmanageable. Malheureusement, il est aussi plus compliqué de déceler la plante sans ses jolies ombelles...


Bref, vous l'aurez compris la racine de carotte, ce n'est pas la panacée. Mais alors, que peut-on tirer réellement de la carotte sauvage ?


Des fleurs et des graines !


S'il peut être agréable d'ajouter quelques-unes de ses feuilles ciselées dans une salade, le meilleur c'est encore les fleurs et les graines !


Graines de carotte sauvage_© Muriel Bendel

Si les fleurs ont avant tout un usage décoratif dans les salades, il est possible d'en faire des savoureux beignets, sucrés ou salés selon les goûts. Dans le courant de l'été et jusqu'en septembre pour les plus tardives, ces dernières s'amasseront en petits "nids", remplis de graines qui dégagent au froissement une agréable odeur fruitée.


Les graines sont excellentes pour confectionner des biscuits apéritifs ou des desserts originaux, et même des sauces salade. La carotte sauvage aura donc la plupart du temps un usage condimentaire. Celles-ci peuvent être prélevées fraîches et utilisées directement ou séchées et conservées dans des bocaux pour un usage ultérieur. Plus simplement, attendez que celles-ci sèchent naturellement avec le soleil à la fin de l'été.


Attention à ne pas les ramasser après la pluie ou la rosée, et de manière générale, à toujours bien faire sécher les plantes que vous désirez conserver, sinon elles deviendraient sujettes aux moisissures et pour finir, inutilisables...


Récap et recettes


Pour finir cet article en beauté, je vous ai préparé un tableau récapitulatif des périodes de cueillette et des usages, ainsi qu'une recette de beignets de fleurs de carotte, accessibles dans ce document :

Tableau de cueillette_recette_Carotte sa
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Enfin, j'avais envie de vous faire partager quelques des liens vers des recettes fort sympathiques, trouvées de part de d'autres du web :


- Voici quelques recettes originales de flan et yaourt glacé aux graines de carotte. Je précise qu'il n'est pas nécessaire d'avoir une sorbetière pour la seconde recette, la version simplifiée facile à faire à la maison consiste à laisser refroidir le mélange après l'ajout des yaourts et à le boire plutôt comme un lassi indien, très sympa aussi ;)


- Et on termine avec l'excellent blog cuisinesauvage.org, qui rassemble de nombreuses recettes à base de carotte sauvage.


Bel et agréable été à tous et à bientôt pour de nouvelles histoires de cueillette ! :)














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